h1

Les plages de sable presque fin de Copacabana … a 3816 metre

juin 26, 2007

Bonjour a toutes et tous !
Nous voici nous voila, cela sera sans doute le dernier recit “en vivo” de la Bolivie, a moins que nous nous fassions arreter a l’aeroport de Bogota, et que les prisons de Colombie soit pourvu d’internet ! Mais voila deux choses bien impossible …
Bonne lecture amigo(a)s de la Tierra

La route qui menent de la gigantesque tranchee de La Paz vers le lac Titicaca longe sur des centaines de kilometres les bords abruptes de la Sierre Real, vers l’est. Elle oscille entre des plaines jaunies et pourvues de petites touffes de joncs ternes a 3750 m, et des cols ronds et dodus comme des mamellons de vaches, a 4500m. C’est un bonheurs pour les yeux de voir defiler lentement des dizaines de sommets saupoudres de neiges eternelles, tailles comme des canines par un prothesiste nevrotique amoureux de Bram Stoker, depassant allegrement les nuages s’aggripant sur leur pentes raides.
Le cerveau est en ebullition, et tente desesperement de s’adapter au manque d’oxygene a chaque colline franchie, les sinus brulent comme des charbons ardents, et les paysages mentent par leur douceur et leur platitude.
Notre bus, comme tout bon bus bolivien, aboye a chaque passage de vitesse, et hurle a la mort a chaque montee, faisant fuir les perdreaux sauvages sur son chemin, et surprenant les lamas mastiquant mollement l’herbe seche.
Pour arriver sur l’isthme de Copacaban, il nous fallut emprunter un “ferry”. C’est a dire un morceau de bois assez grand pour pouvoir poser delicatement un bus et tout son chargement dessus. Les moteurs de cette planche, denommee judicieusement “Titanic”, n’etait pas assez puissant et les bateliers ramaient vigoureusement pour la traversee du detroit.
Nous rejoignimes l’autre rive en moins de 10 minutes, le temps d’ecoper l’eau qui s’engouffrait petit a petit dans la barge. Tout etait parfaitement synchronise !

Copacabana est une petite bourgade glissee entre deux collines de 4000m, qui symbolisent bien le synchretisme andin : d’un cote le Cerro Calvario (Colline du calvaire), et de l’autre l’Horca de l’Inca (Potence de l’Inca). Tout un programme !
La ville se trouve lovee dans une anse naturelle en forme de lune allongee, ou viennent buter les vaguellettes poussees par le vent du Lac Titicaca, petite mer de 300 metre de fond deposee a 3800 m sur l’Altiplano.
Lorsque nous marchons sur sa plage de pouzzolane fine comme le sable blanc, il n’y a devant nous que l’horizon qui confond l’eau et le ciel, et nous avons du mal a parler de lac. L’eau y est fraiche et douce, d’un bleu royal, tres sombre, et les courants chauds viennent maculer la surface de leurs taches couleur pastelles. Ce gigantesque miroir azur scintille de millions de facettes refletant le soleil tellement plus proche, et lorsque celui ci se couche, il enflamme litteralement la surface de l’eau et des terres ocres ceinturant la baie.
Copacabana a la legerete de vie de sa grande soeur bresilienne, et la fraicheur d’un port de haute mer : pedalos en forme de cygne, catamarans aux voiles blanches immaculees et surtout, de la truite qui grille a tous les carrefours. Les pecheurs rapiecent leurs filets sous un soleil qui dore la peau, les mouettes rodent esperant trouver victuailles a leurs gouts, et les hippies, aimanter par ce nouvel El Dorado, vendent leur artisanat tres personnel aux aymaras placident et debonnaires. Ce curieux melange fonctionne plutot bien, Copacabana etant une ville frontiere habituee aux brassages et aux pelerinages.
Car avant tout, ce pueblo est une etape historique sur la route vers l’Isla del Sol, ou serait le soleil: Rien que ca !

C’est le lendemain de notre arrivee que nous primes un petit bateau bondee de touristes et de mariniers aux maillots de foot aux couleurs italiennes (les traitres !) pour decouvrir la mythique Ile du Soleil. Le trajet d’une heure et demi sous les roulis faussement doux du lac, qui faisait gondoler l’embarcation et nos estomacs, donna l’occasion aux insulaires embarques de vendre et contre vendre leurs hotels respectifs au troupeau de touristes ammasses dans la betaillere ondulante, en une bataille acharnee qui nous mis bien mal a l’aise. Chaque discussion, chaque pause cigarette, chaque sourire n’etait que manigance commerciale sans aucune sincerite, a la limite du cynisme.
Au debarquement, apres avoir ete raccolles bon gre mal gre par l’un d’entre eux, nous entreprimes l’ascencion de 240 antiques marches incas, et plus de 300m de denivele, afin d’arriver au petit village de Yumani. Le capitalisme effrene s’etablit des les premieres marches, ou des enfant accompagnes de vigognes posent pour des photos pseudo-naturelles, en echange de quelques piecettes que les touristes avides d’exotisme bon ton leur donnent avec condescendance. Quel merveilleux souvenir cela fera t’il ! Tous les 10 metres, de petites mamies devenues expertes en vente forcee, exposent leurs etals comme des VRP de la marque Isla Del Sol.
A Yumani, toutes les maisons ont ete recyclees soit en hotel, soit en restaurant, soit les deux.
Ici, on vend du culturel comme tout produit de supermarche, a grande echelle, car n’est on pas sur la legendaire ile ou naquit Viracocha ? Les relations sociales sont payantes, a peages et cheres.
Apres ce charmant accueil, nous nous sommes carapates a la pointe sud de l’ile, afin de s’echapper de cette grande surface a ciel ouvert, et nous avons trotte entre les champs a etages, abandonnes depuis l’arrivee du tourisme.
C’est vrai que cette ile a quelque chose d’etrange et de savoureux a la fois. Un bout de rocher de quelques kilometres de long, pose sur un velour couleur mer, avec pour toile de fond les immenses montagnes de plus de 6000 m que sont l’Illiampu, le Janq’Uma, ou encore le Condoriri et son pic en forme de bec crochu.
S’assoir dans la terre glabre et inerte, juste pour poser son regard sur ce panorama eblouissant fut notre bouffee d’air. S’imaginer au dessus du Mont Blanc et se sentir au bord de la Mer Egee a quelque chose de troublant et d’envoutant.
Au repas du soir, nous eumes la chance de degotter un des rares restaurants ou le patron est chaleureux, pour de vrai, et avec qui nous avons suivi LA rencontre sportive du mois : Bolivie Paraguay (match nul 0-0).
Apres une nuit peuplee d’etoiles filantes, au petit matin du 21 juin 2007, a 7h03 precise, le soleil nous fit grace de se lever devant notre lit, surgissant derriere les massifs de l’Illiampu (6368m), crachant ses rayons couleur feu par dessu la croute de neige pour incendier toute la chaine montagneuse et tranformer le lac en un glacis de rubis et d’ambre.
Nous etions au premier jour de l’annee 5515 du calendrier Aymara, le Willkakuti (retour du soleil) dansait devant nos mirettes encore ensommeillees, nous eclairant de ses stries lumineuses, et irradiant nos peaux d’une teinte mandarine. Quel reveil !
C’est une image que nous voulumes garder en memoire, car toute la beaute de ces paysages ne suffit a nous convaincre de rester une journee de plus dans ce lieu pollue par les relations malsaines. Nous primes le bateau de 10h, et sur la jetee, pendant l’attente, nous eumes le plaisir de papautter avec un conducteur de bus en vacances forcees (sa compagnie ayant ferme un mois pour cause d’accident du a l’ebriete du chauffeur : 35 morts), ancien insulaire venu rendre visite a son padre. Il nous fit bien sentir que quitter l’ile fut sa chance, lui permettant de vivre sur les routes boliviennes et rencontrer toujours plus de monde.
De retour a Copacabana, la fete s’organisait pour un defile des communautes Aymaras venues de tout le departement afin de celebrer cette nouvelle annee, sous les auspices et les banderolles de la biere Paceña, embleme nationale (resistant encore et toujours a l’envahisseur Coca Cola). Danses envoutantes, rythmes hypnotiques, plethores d’instruments aussi etranges que bigarres, vetements de fetes aux couleurs detonnantes, cousus et brodes par d’expertes mains Mallku, voila quel fut le programme de notre apres midi.

Le 22 Juin, ce fut enfin le grand jour tant attendu par le soleil lui meme, qui nous fit l’honneur de venir fleurir cette journee de milliers de rayons !
Et l’anniversaire de Natacha fut feter avec force et finesse …

Le 23 Juin, nous avons compris que les habitants de Copacabana ne voulait certainement pas finir cette nouvelle annee en une simple journee. Car avantage de meler rites andins et rites chretiens, il y a trois jours d’ecart entre le nouvel an Aymara et la fete de la Saint Jean. Pragmatisme oblige, autant les remplir de danses, de festivites, et de petards !
En France, nous pouvons voir quelques bourgades entretenir de petits feux un peu mou qui s’etiolent comme des allumettes sous la lune montante. En Bolivie, c’est tout autre.
Ce sont des collines qui brulent sous une nuit noir emplit d’etoiles brillantes comme des gemmes, ce sont des feux gigantesques allumes de toute part sur l’Altiplano, dans tous les champs laisses en friche, ce sont des incendies desireux de liberte qui font ressembler les plateaux a de petits couches de soleil. Le manque d’oxygene aidant, ils ne vont jamais bien loin, ne sortent jamais de leur perimetre, et n’abusent jamais du vent qui forcit le soir.
Copacabana crepitent de toute part de petards jaunes, rouges et verts, de petites fusees s’elancant sous la voute pour monter bien haut et explosees en des gerbes bavardes. Les enfants s’amusent a allumer les meches, mi effrayes, mi subjugues, courant comme des fou au moindre fretillement de l’amorce, accompagnes de compagnies entieres de chiens pret a bondir sur les projectiles multicolores qui fusent dans tous les sens, tourbillonant sur le pave frais, s’envolant de toute part, fumant lourdement au milieu d’eclats de rire cristallins et de jappements inquiets.
La ville s’emplit tout d’un coup d’une lourde brume sentant le petard mouille et la poudre acre, et il faut bien se perdre dans ces nuages colores pour pouvoir retrouver son chemin, au detour d’une ruelle, au detour d’une place ou chantent les charangos et les quenas, se fiant au son de la salsa qui envoute les bars, comptant sur les bonnes odeurs de chicharons de truite fremissant dans les bacs d’huiles.

C’est le lendemain matin, le 24 juin, a 9h00 presque petante que nous avons dit un dernier au revoir a ce pays aussi immense et divers qu’un continent, qui nous avait accueilli, les bras et les coeurs ouverts, durant 1 mois et 27 jours, nous deux, comme si l’on avait vecu dans ses montagnes, dans ses plateaux, dans ses pampas, dans ses forets depuis toujours.
Nous avons pris un bus pour Lima, trajet aussi inquietant et hypnotique qu’a l’aller, ou les plaines arides aureolees de montagnes abritent des lacs d’altitude d’un bleus gris, ou les deserts de roches atones succedent aux etendues de dunes mouvantes sous le vent du Pacifique. Et ou les collines incultes sont continuellement grattees par des dessins erodes par le temps en hommage a un president oublie, une commemoration delaissee, ou une biere savoureuse.

Arturo nous a accueilli avec son sourire si apaisant, sa casquette de cote, dans une Lima mangee par la brume de l’hiver marin. Il y avait toujours cette meme odeur d’acier brule, legerement humide desormais, qui se repandait entre les carrefours bondees de bus bredouillant, de taxis marmonnant, et de vendeurs de coco hurlant.
Il est bon de se sentir chez soi a l’autre bout du monde, et nous ne remercierons jamais assez cette petite famille de nous heberger comme de vieux amis.

Nous partons demain matin, le 27 juin, a 6h10 du matin pour revenir dans une France que nous n’avons jamais vraiment oublie, meme si nous l’avions voulu. Un peu, certains dimanches de fete pour 53 % de con-citoyens.
Mais vous avez bien tous ete la dans nos memoires, souvent, pour ne pas dire tout le temps, esperant vous raconter des bribes de fou rire, des fragments de colere, des parcelles de paysages, des portions de chaleur humaine …
Nous repartons avec un carnet d’adresse aussi gros que la Bible, glane au detour d’une fete, au milieu d’un desayuno, a la fin d’une discussion ou d’un trajet. Merci a tous ces sourires, a tous ces accents, a toutes ces portes ouvertes. Et merde aux autres, vous serez relegues au trefonds de nos souvenirs.

Une fois rentres, nous allons essayer de continuer a faire vivre ce blog, ce petit bout de Bolivie que nous avons partager avec vous, en mettant les photos que nous aurons durement scanne durant des nuits, en ecrivant un guide de la gastronomie bolivienne (rien que ca), ou en indiquant les residencials ou nous avons sejourner …

Meme si nous avons le coeur lourd, voila, a de suite …

nb : desole pour lé fote d’hortografe, c’est la cose des clavié espaniol …

6 commentaires

  1. alors voilà c’est fini…… j’arrive juste alors pour vous souhaiter un bon retour….. dur dur le retour aux sources…..occidentalo-franco-françaises!!!! mais bon, la tête pleine d’images et de sensations j’imagine, vous allez nous revenir les pensées plus chargées que vos bagages pleins à craquer!!!
    a presto les aventuriers


  2. Ces deux mois sont vite passes…dans lensemble tt sest bien deroule et il me tarde de connaitre les details croustillants…mais ce sera dans deux mois maintenant alors gardez moi en un peu plz!!!!je vous souhaite un bon retour….a bientot


  3. et bien voilà, l’aventure se termine ! il me tarde que vous me racontiez tout d’après vos récits. il nous faudra des jours et des jours…. couvrez-vous bien, car ici, il ne fait pas chaud. mama natacha m’a dit hier soir qu’elle était ravie de vous retrouver, et me charge de vous embrasser bien fort de sa part et de toute la famille. c’est aussi le dernier commentaire que je vous laisse, du moins sur runamasi, et c’est vrai que j’ai un peu de nostalgie. finis les récits passionnants, colorés, poignants, musicaux, féériques et enchanteurs. c’était bien. peut-être aurez-vous ce message en arrivant à barcelone. vous serez presque à la maison. mille bisous via internet (en attendant de vous les faire de vive joues). à bientôt mes pioupiou


  4. En Vivo del aeropuerto de Bogota

    Bonjour a toutes et tous !
    Nous voici dans la zone de transit de l’aeroport de Bogota, ou nous sejournons depuis maintenant 6h. Nous sommes arrives vers les 9h du matin, et repartons pour 18h, heure locale.
    Nous avons fait connaissance avec de gentilles dames s’occupant de tout ce qui se voit de propre mais que personne ne voit, et qui ont abuse de leur passe-droit pour nous ramener des cafes bien chauds !

    Afin de tuer le temps, nous avons fait quelques jeux avec les douaniers : le jeu du sans papier, le jeu du passager en transit, et le jeu du “tu me poses toujours les memes questions” (le plus chiant !)

    Nous avons mange un petit bout dans l’aeroport, lorsque nous avons recu nos coupons de transit, car pas besoin de visas pour des clochmovos comme nous ! La specialite locale c’est des costillas sauce BBQ. La note fut sale, pres de 55.000 pesos ! Nous ne savons pas trop le change, mais ca doit faire aux alentours de 25 euros (ouf!). A cote de nous mangaient quelques Miss locales en tenue de fete d’anorexique, corps de salsa, tete de morue (AIE, pas sur la tete !!).
    Apres avoir zone dans le coin fumeur (il y en a un, heureusement), nous allons embarquer d’ici peu pour 14h d’avion, traversant monts et mers pour revenir au bercail, blanc comme des cierges de Paques, le visage creuse comme des repris de justice, mais le sourire beat du chretien satisfait …

    Nous ne serons jamais si Bogota c’est bo, nous risquerions de nous faire enlever des la sortie, par des taxis officiels ou des policiers en manque d’argent. Il n’y a qu’a lire les journeaux locaux pour ne pas mettre un pied dehors !
    On vous ramene les preuves …

    Un beso para todos …


  5. Bon retour au bercail… :-)


  6. Bonjour,

    Nous sommes deux étudiantes françaises, et nous souhaiterions partir en BOLIVIE en juillet 2008.
    Nous sommes tombé sur votre blog par google, car cherchons des info sur les trajets en bus particuliérement celui reliant LA PAZ et VILLA TUNARI, car nous voulons passé 1mois en tant que bénévoles au parc machia (à villa tunari).
    Vous pouvez peut étre nous renseigner sur ce trajet, la sécurité en bolivie,…
    Nous vous joignons un e-mail: pauline.ormus@gmail.com

    en attendans de vos nouvelle.

    ps: trés jolie récit



Laisser un commentaire